mercredi 18 janvier 2017

Mon tout premier livre en tissu [La bibliothèque de Mini-Lionceau #1]


Auteur : Fiona Watt
Illustratrice : Stella Baggott
Editions Usborne, 10 pages


L'une de mes plus grandes joies après la naissance de Mini-Lionceau fut de pouvoir commencer à lui acheter... des livres !!! Je me suis tout naturellement tournée vers les éditions Usborne, dont le catalogue me fait de l'oeil depuis quelques années (j'adore les graphismes et les couleurs de leurs livres d'éveil). Mon choix s'est d'abord porté sur ce petit livre en tissu, auquel mon fils s'est très vite intéressé.

Il n'avait même pas trois mois lorsque nous avons commencé à le regarder avec lui, mais les illustrations colorées un brin psychédéliques ont rapidement su capter son attention. La couverture et les deux premières doubles-pages sont superbes (ce sont nos préférées) ! On suit en fil rouge un petit panda, ce qui permet de raconter de jolies histoires : Petit Panda batifole parmi les papillons, Petit Panda se fait piquer par une guêpe et meurt d'une allergie, Petit Panda à la rencontre de ses amis les poissons, Petit Panda prend du LSD et en voit de toutes les couleurs... De quoi varier les plaisirs.

Le livre a pendant longtemps joué un rôle apaisant pour Mini-Lionceau, qui aimait le toucher, le triturer et le retourner dans tous les sens, apprenant peu à peu à en tourner lui-même les pages. La page des poissons est une page crissante, ce qui a beaucoup plu à mon fils. Cerise sur le gâteau : le livre est muni d'une grande étiquette, très agréable à tripoter et suçoter. 

Pour résumer : je suis on ne peut plus ravie de cette acquisition.

Un très beau livre pour les tous-petits !

















mardi 17 janvier 2017

La baleine thébaïde - Pierre Raufast



























Alma Editeur, 2017, 218 pages


La première phrase :

Le vendredi 26 août de l'an dernier, la diva hollywoodienne Eva S. et le sénateur républicain Saul B. eurent une relation sexuelle épicée dans la piscine d'une superbe villa de Santa Barbara en Californie.


L'histoire :

C'est l'histoire de Richeville... A moins que ce ne soit celle d'Eduardo... Ou de Dimitri... Ou de la libraire de la vallée de Chantebrie... A vous de voir.


L'opinion de Miss Léo :

Il va sans dire que j'attendais avec grande impatience la sortie du nouveau roman de Pierre Raufast, dont la Fractale et la Variante m'avaient particulièrement réjouie. La première librairie où je suis allée ne l'avait pas, à mon grand désespoir. J'ai donc dû modifier mes plans pour pouvoir me le procurer le jour-même (pas question de rentrer chez moi broucouille, comme on dit dans le Bouchonnois).

Deux jours après, je l'avais déjà terminé. Me voici une nouvelle fois conquise, même si les deux premiers sont à mon avis un tout petit cran au-dessus. Je ne savais absolument rien de cette Baleine lorsque je l'ai achetée, et c'était très bien comme ça, car l'intrigue réserve son lot de surprises, qu'il serait dommage de dévoiler : impossible de résumer le roman sans en amoindrir la substantifique moelle !

La baleine thébaïde, ou "Quatre hommes dans un baleinier." Un concentré de pur Raufast, lequel fait une nouvelle fois preuve d'une imagination débordante, ainsi que d'un remarquable talent de conteur. Fidèle à son habitude, celui-ci nous offre un récit à tiroirs, basé sur plusieurs histoires imbriquées les unes dans les autres ; la structure du roman est néanmoins beaucoup plus linéaire qu'à l'accoutumée, puisque l'on suit une seule et unique intrigue, envisagée du point de vue des différents protagonistes du drame (pour résumer grossièrement). La baleine thébaïde est un roman plein d'humour, qui repose avant tout sur une galerie de personnages mémorables, auxquels l'auteur accorde la plus grande attention. Embarqué sur l'Hirundo à la recherche d'une baleine mutante (sic), le jeune Richeville, anti-héros naïf fraîchement diplômé de l'ESSEC, se retrouve entraîné dans une aventure aux multiples rebondissements. Il y sera question de voyages dans le temps, de faux seins, de crabes, de robots, de Pecho Chocolate (hi hi hi !), de la cave 27 de l'ENS... (mais où va-t-il chercher tout ça ???)

D'une grande intelligence, l'oeuvre ne se résume cependant pas à quelques trouvailles délirantes, et aborde de nombreuses thématiques très actuelles (les manipulations génétiques, les hackers, les multinationales toutes puissantes, les combats écologiques etc...). Le texte fourmille d'informations rigoureusement exactes, empruntées à divers domaines, qui côtoient les inventions les plus farfelues. Ce mélange d'érudition et de malice est caractéristique du style de Pierre Raufast, qui signe un roman scientifique à l'intrigue ludique et très romanesque, qui plus est enveloppé d'une bonne dose d'humour noir. Et en plus, il y a des morts (désolée de vous l'annoncer aussi brutalement) !

Last but not least : le roman est truffé de clins d'oeil aux précédents livres de l'auteur. Vous apprendrez ainsi le pourquoi du comment des pluies diluviennes qui s'abattirent pendant plus d'une décennie sur Rambarane, assisterez à une partie de capateros, croiserez comme il se doit quelques rats-taupes, et pourrez même apercevoir Florin (ou l'un de ses émules ?) au détour d'un chemin. Fait marquant à signaler, vous y rencontrerez également... mon chat, qui fait une apparition furtive au détour d'une page. Merci Pierre !




























Je dois toutefois admettre que, si j'apprécie pour ma part énormément ce genre de références et autres private jokes, il s'agit peut-être aussi de l'une des limites du livre : à force de s'auto-citer, Pierre Raufast risque de laisser quelques lecteurs sur le bord de la route (en même temps, c'est de leur faute, ils n'avaient qu'à lire la Fractale et la Variante !).

La baleine thébaïde demeure quoi qu'il en soit un excellent cru, qui vous procurera quelques heures de lecture-détente fort appréciables.


Un divertissement intelligent : du Pierre Raufast comme on l'aime !


lundi 16 janvier 2017

Quelques CD de comptines et berceuses [La discothèque de Mini-Lionceau #1]























Editions Didier Jeunesse


Avoir un bébé, c'est aussi participer à son éveil auditif et musical. 

On peut bien sûr lui faire écouter quelques oeuvres classiques incontournables (La flûte enchantée produit toujours son petit effet), ou tout simplement puiser dans le catalogue des éditeurs jeunesse, pour y dénicher des compilations pensées spécialement pour les tous-petits.

Je ne m'étais pas vraiment penchée sur la question avant la naissance de Mini-Lionceau, et me suis donc spontanément tournée vers les excellentes éditions Didier Jeunesse, découvertes il y a quelques années par le biais de quelques albums de la collection "A petits petons" (offerts à mes neveux sur les conseils avisés de Méli).

Presque un an et quelques achats plus tard, je suis bien forcée de reconnaître la grande qualité de cette sélection.


Les plus belles berceuses classiques 
    Sélection effectuée par Misja Fitzgerald Michel

Cela fait maintenant plusieurs mois que cette compilation accompagne tous les soirs l'endormissement rapide de Mini-Lionceau. Au programme, seize berceuses enregistrées par l'ensemble Agora (un sextuor à vents comme je les aime). Le répertoire va de Satie à Debussy en passant par Ravel, Grieg ou Schubert. Idéal pour un moment de calme avant le coucher !


Les plus belles berceuses jazz
    Sélection effectuée par Misja Fitzgerald Michel

Changement de registre, avec cette sélection de quinze berceuses interprétées par des grands noms de l'âge d'or du jazz "classique", comme Nat King Cole, Ella Fitzgerald, Billie Holiday ou Sarah Vaughan. Sur le disque figurent également "Over the Rainbow" version Magicien d'Oz, ainsi qu'un sympathique duo que je ne connaissais pas, chanté par Debbie Reynolds et Eddie Fischer (oui, les parents de Carrie). Certaines chansons me plaisent moins que d'autres (c'est souvent le cas avec le jazz), mais l'ensemble demeure agréable à écouter, et surtout très doux et poétique.


Mes premières comptines anglaises et françaises
    Collection "Les petits cousins"

Je cherchais un CD de comptines anglaises. Le choix étant plus que limité dans les magasins où je suis allée, je me suis décidée pour celui-ci, qui mêle comptines anglaises et françaises, avec à chaque fois un thème commun pour deux chansons consécutives. Nous l'avons déjà beaucoup écouté ! Les arrangements musicaux sont sympa, rythmés et les petits chanteurs mignons comme tout (on leur pardonne aisément les quelques fausses notes qui surgissent ici ou là). La sélection est quant à elle assez inégale. Mes comptines préférées (que je passe mon temps à chanter, ce qui fait beaucoup rire Mini-Lionceau) : "Three little kittens", "Oranges and lemons" et "Les petits poissons dans l'eau".


Les plus belles comptines d'Europe
    Livre-disque, collection "Les petits cousins"

Nous avons reçu ce livre-disque en cadeau (sur une suggestion de ma part). J'aime beaucoup cette sélection polyglotte et multi-culturelle, qui propose trente comptines issues de treize pays européens, incluant la République Tchèque, la Pologne, la Slovaquie ou la Turquie. Nous ne le connaissons pas encore très bien, mais je pense que Mini-Lionceau en profitera quand il sera un peu plus grand. Le livre est quant à lui un bel objet, pourvu de chouettes illustrations accompagnant le texte des chansons, ainsi que d'informations sur le contexte de chaque comptine.

























Les plus belles berceuses du monde
    Livre-disque, collection "Comptines du monde"

Vingt-trois berceuses chantées de quatre continents sont au programme de ce livre-disque international. Nous l'avons peu écouté jusqu'à présent, mais il faut que je pense à le sortir plus souvent ! Les instrumentations sont variées, le style des mélodies également, et l'enregistrement est de qualité. Là encore, le livre est superbe et bien conçu (je ne suis pas fan de toutes les illustrations, mais il en faut pour tous les goûts). Les paroles des chansons sont même traduites, ce qui ne gâte rien.



















Il y a plein d'autres CD qui me tentent dans le catalogue, mais on ne peut malheureusement pas tout acheter (ni tout écouter) !



dimanche 15 janvier 2017

Les Bibiomaniacs de janvier : une spéciale "Femmes d'exception" !




























L'émission de janvier des Bibliomaniacs est en ligne depuis une semaine !

L'occasion pour moi de vous dire un petit mot rapide des quatre livres présentés (pour en savoir plus, c'est simple : écoutez le podcast !!).


Mémoires d'une jeune fille rangée, de Simone de Beauvoir

Le premier tome d'une autobiographie que l'on ne présente plus ! Un récit rétrospectif à la fois léger et profond, intime et universel, simple mais nourri d'une brillante réflexion sur la vie et les relations humaines. J'ai une préférence pour la partie centrale, consacrée à l'adolescence de Simone dans les années 20. Celle-ci se construit alors en tant que femme et philosophe, et s'émancipe peu à peu de sa famille bourgeoise et catholique traditionnelle, en se tournant vers des fréquentations susceptibles de favoriser son développement intellectuel. D'une intelligence remarquable, cette oeuvre majeure et très bien écrite se révèle pourtant étonnamment accessible. Je lirai sûrement la suite !
















La marche du cavalier, de Geneviève Brisac

J'ai peu de choses à dire sur cet essai littéraire, dont je ne conserverai malheureusement pas un souvenir impérissable. Les thématiques abordées sont pourtant intéressantes. Geneviève Brisac (que je connais surtout en tant qu'ancienne éditrice de L'Ecole des Loisirs) s'interroge sur l'existence d'une littérature féminine. Les femmes écrivains se démarquent-elles de leurs mâles collègues ? L'auteur décortique la façon d'écrire de quelques romancières (Jane Austen, Virginia Woolf, Ludmila Oulitskaïa, Karen Blixen, Jean Rhys, Alice Munro...), et arrive à la conclusion suivante : les deux sexes ne se différencient pas par leur style, mais par les thèmes abordés, les femmes parlant plus volontiers de sujets quotidiens, qu'elles utilisent pour percer le mystère de la vie et de l'âme humaine. Pertinent pour ce qui est du fond, le texte se révèle pourtant décevant quant à la forme. Les différents chapitres manquent de fil conducteur, et l'ouvrage me paraît très confus, comme si l'auteur n'était pas parvenue à structurer sa pensée. Je suis pour ma part incapable d'en résumer le propos, bien que j'y aie sur le moment trouvé matière à réflexion. Plus "grave" : Geneviève Brisac se complaît dans une glorification du passé, sur le mode "c'était mieux avant", que j'ai pour ma part trouvée légèrement agaçante. J'en ressors toutefois avec l'envie de (re)découvrir toutes ces formidables romancières (ce qui n'est déjà pas si mal).


L'idée ridicule de ne plus jamais te revoir, de Rosa Montero

Vous savez toute l'admiration que je porte à Rosa Montero, déjà maintes fois chroniquée sur le blog. J'ai lu plusieurs de ses romans, tous portés par de superbes personnages féminins, ainsi que son (formidable) essai sur l'imagination. Je ne pouvais pas passer à côté de ce récit consacré à Marie Curie, à la frontière de plusieurs genres littéraires (biographie, autobiographie, essai). Rédigé dans un style très vivant, celui-ci revient sur les événements marquants de la vie fascinante de la chimiste binobélisée, notamment sur sa relation avec son mari Pierre, accidentellement décédé en 1906. Le deuil de Marie entre en résonance avec celui de Rosa Montero, cette dernière ayant également perdu son époux Pablo. On peut donc y voir un essai sur le deuil et l'absence, tout autant qu'une réflexion sur la place de la femme dans la société. La romancière et journaliste espagnole installe une forme de connivence avec le lecteur, avec lequel elle partage son enthousiasme et ses interrogations, tout en laissant parfois libre cours à son imagination (j'aime ce côté "bavard" du récit). Le ton est chaleureux, les aspects biographiques bien documentés, l'extrapolation pertinente, et Rosa Montero rend un bel hommage à la femme de sciences, dont l'intelligence et l'abnégation forcent le respect. J'ai noté quelques maladresses, quelques redites aussi, mais ce récit original et personnel demeure toutefois excellent et pétillant d'intelligence, même si ce n'est pas mon préféré de l'auteur.


Culottées, de Pénélope Bagieu

J'aime beaucoup Pénélope Bagieu ! Pour mon plus grand bonheur, les éditions Gallimard proposent une superbe édition brochée en deux volumes des portraits de femmes "culottées" publiés en 2016 sur le blog éponyme. A la fois drôle et émouvant, sensible et engagé, léger et grave, l'ouvrage se déguste le sourire aux lèvres. De Josephine Baker à l'impératrice Wu Zetian, de Margaret Hamilton à Leymah Gbowee (Prix Nobel de la Paix en 2011), en passant par Giorgina Reid (gardienne de phare à Montauk), Annette Kellerman (inventrice du maillot de bain une pièce), Tove Jansson (la créatrice homosexuelle de Moumine le troll) ou Las Mariposas (soeur rebelles sous la dictature de Trujillo en République Dominicaine), ce sont quinze destins de femmes volontaires qui nous sont ici contés, sous forme de courtes bandes-dessinées.


Agnodice, gynécologue grecque

Pénélope Bagieu défend la cause des femmes, sans pour autant tomber dans un féminisme outrancier. La juxtaposition de portraits de femmes guerrières, impliquées dans des combats politiques parfois meurtriers, et de destinées plus anecdotiques se révèle particulièrement judicieuse. Lutte pour les droits des femmes, contre le racisme et les préjugés, libération du corps, défense du droit à une vie amoureuse et sexuelle épanouie : la diversité des portraits permet d'aborder des sujets divers, tous pertinents, même si certaines histoires m'ont moins touchée que d'autres. Les petites touches humoristiques font mouche, et le propos n'en est que plus subtil.

Wu Zetian, impératrice du VIIème siècle

Cerise sur le gâteau : les dessins sont vraiment chouettes, et les doubles pages qui concluent chaque portrait sont superbes. Seul regret : on est parfois frustré que les portraits ne soient pas plus longs !!

Las Mariposas, opposantes au régime de Trujillo




A bientôt pour une nouvelle émission des Bibliomaniacs !



vendredi 13 janvier 2017

Challenge ABC (chic, encore une liste !)
























Il fut un temps où je multipliais les inscriptions aux challenges, me fixant ainsi d'ambitieux (?) objectifs de lecture, objectifs que je prenais évidemment un malin plaisir à ne pas respecter. De l'eau a coulé sous les ponts depuis cette époque révolue, et, la maturité aidant, je suis devenue plus raisonnable... Ah non, on me signale dans l'oreillette que je n'ai pas changé d'un iota, et que je suis toujours incorrigiblement puérile, à plus forte raison lorsqu'il s'agit de faire des listes (Yesssss !!!).

Me voici donc partie pour un nouveau défi, puisque j'ai décidé de me plier aux exigences du Challenge ABC, qui existe depuis de très nombreuses années sur les blogs, et qui vient d'être réactivé par Méli. Le principe est simple : lire vingt-six livres, un pour chaque lettre de l'alphabet, en se basant sur le nom de l'auteur.


J'ai choisi trois livres par lettre (oui, je suis trop ouf dans ma tête).
Ce n'est pas du luxe, certains de ces livres se trouvant depuis des années dans ma PAL...


ADIGA Aravind - Le tigre blanc
ATWOOD Margaret - La servante écarlate
AUSTER Paul - Invisible

BLAS DE ROBLES Jean-Marie - L'île du Point Némo
BRONTË Emily - Wuthering Heights (relecture)
BRYSON Bill - Promenons-nous dans les bois

CABRE Jaume - Confiteor
CHALANDON Sorj - Le quatrième mur
CUSSET Catherine - L'autre qu'on adorait

DESARTHE Agnès - Ce coeur changeant
DÖBLIN Alfred - Berlin Alexanderplatz
DOSTOÏEVSKI Fiodor - Les frères Karamazov

EGOLF Tristan - Le seigneur des porcheries
ELLORY R.J. - The anniversary man
ERDRICH Louise - Le pique-nique des orphelins

FERRANTE Elena - Celle qui fuit et celle qui reste
FLANERY Patrick - Terre déchue
FROMME Pete - Indian Creek

GONCHAROV Ivan - Oblomov
GOOLRICK Robert - Une femme simple et honnête
GRISSOM Kathleen - The kitchen house

HIGASHINO Keigo - La fleur de l'illusion
HOBB Robin - L'assassin royal
HUSTVEDT Siri - Un monde flamboyant

INDRIDASON Arnaldur - Hiver arctique
INOUE Yasushi - La favorite
IRVING John - le monde selon Garp

JACKSON Shirley - The lottery
JAMES Henry - Washington Square
JESTAIRE Alexis - Crash

KASISCHKE Laura - Suspicious River
KJAERSTAD Jan - Le séducteur
KRAUSS Nicole - The great house

LAWTON John - Black-out
LERNER Ben - Au départ d'Atocha
LOWRY Loïs - The giver

MANTEL Hilary - Le conseiller
MERLE Robert - Malevil
MILOSZEWSKI Zygmunt - Les impliqués

NATHAN Melissa - Persuading Annie
NICHOLLS David - One day
NOAILLES de Anna - La nouvelle espérance

OGAWA Yoko - Cristallisation secrète
O'NEILL Louise - Only ever yours
ORWELL George - 1984

PETERS Elizabeth - The curse of the pharaohs
PIROTTE Emmanuelle - Today we live
PRIEST Christopher - L'inclinaison

QIU Xialong - Mort d'une héroïne rouge

QUENEAU Raymond - Les fleurs bleues

RASH Ron - Serena

RAUFAST Pierre - La baleine thébaïde
REMARQUE Erich Maria - Les camarades

SHAFAK Elif - Crime d'honneur

SIGURDARSDOTTIR Ysra - Je sais qui tu es
SMITH Zadie - White teeth

TAYLOR Sara - The shore

TOMASI di LAMPEDUSA Giuseppe - Le guépard
TROLLOPE Anthony - Miss Mackenzie

UHLMAN Fred - Sous la lune et les étoiles

ULITSKAYA Ludmila - Le chapiteau vert (oui, je sais, j'ai triché...)
UNGER Lisa - L'appel du mal

VIEL Tanguy - La disparition de Jim Sullivan

VONNEGUT Kurt - Abattoir 5
VUILLARD Eric - 14 juillet

WATERS Sarah - Du bout des doigts

WHARTON Edith - Ethan Frome
WOOD Benjamin - Le complexe d'Eden Bellwether

XINRAN - Baguettes chinoises


YALOM Irvin - Mensonges sur le divan

YU Hua - Brothers
Yutang LIN - Un moment à Pékin (oui, je sais, j'ai encore triché...)

ZEH Juli - La fille sans qualités

ZOLA Emile - La débâcle
ZWEIG Stefan - Le monde d'hier


Challenge accepted !


jeudi 12 janvier 2017

Le parfum de l'hellébore - Cathy Bonidan




























Editions de La Martinière, 2016, 304 pages


La première phrase :

E pericoloso sporgersi.
Trois mots dans une langue étrangère pour résumer ces derniers mois.


L'histoire :

Paris, 1956. Anne, jeune fille de bonne famille bordelaise, débarque à Paris chez son oncle, directeur d'un centre psychiatrique pour adolescents. Employée à diverses tâches, elle se lie d'amitié avec Béatrice, une jeune anorexique de treize ans. Toutes deux observent avec attention le comportement de Gilles, un petit autiste de onze ans, communément surnommé "le débile", que ses parents envisagent de transférer définitivement à l'asile. Grande lectrice, Béatrice couche ses impressions dans son journal, tandis qu'Anne se confie dans les lettres qu'elle envoie en secret à son amie Lizzie.

Paris, 2016. Sophie Noël apporte la touche finale à sa thèse sur les conditions de vie dans les hôpitaux psychiatriques parisiens de l'après-guerre. Elle découvre par hasard le journal de Béatrice, qui s'interrompt brutalement en juillet 1957, et se lance corps et âme à la recherche des principaux protagonistes de son histoire. Béatrice, Gilles et Anne sont-ils toujours en vie ? Qu'est-il advenu des deux enfants ?


L'opinion de Miss Léo :

Voici un roman de la Rentrée Littéraire de janvier vers lequel je ne me serais sans doute pas tournée spontanément, n'eût été l'enthousiasme de l'attachée de presse qui m'a proposé de le recevoir. J'ai accepté, le résumé ayant retenu mon attention.

Le parfum de l'hellébore est un roman en deux parties se déroulant (entre autres) dans le milieu des hôpitaux psychiatriques, qui fut dans un premier temps publié (et primé) sur Internet, avant d'être repéré par les Editions de La Martinière (dont je ne savais même pas qu'elles éditaient des romans). Le lecteur découvre d'abord les lettres d'Anne et le journal intime de Béatrice, rédigés entre septembre 1956 et juillet 1957, tandis que la deuxième partie suit les recherches conduites par Sophie en 2016, dans le cadre de sa thèse de psychologie. Ces trois personnages féminins ont a priori peu de choses en commun, et évoluent dans un contexte totalement différent. Autre temps, autres moeurs ! L'acharnement avec lequel Sophie s'efforce de reconstituer le parcours ultérieur des deux jeunes femmes va cependant contribuer à créer entre elles un indéfectible lien virtuel.

L'écriture est agréable et limpide, quoique le style soit peut-être un poil trop plat pour satisfaire les lecteurs les plus exigeants. Cathy Bonidan use de divers procédés narratifs (lettres, journal, récit à la troisième personne), et passe de l'un à l'autre avec une grande aisance, ce qui rend la lecture extrêmement fluide. Si j'ai apprécié le changement de point de vue survenant peu avant la moitié du roman, j'ai néanmoins trouvé la deuxième partie plus laborieuse et moins efficace que la première. La construction sur deux époques se révèle toutefois un excellent choix, et l'intrigue est parfaitement maîtrisée, en dehors de quelques petites maladresses ou facilités. Il subsiste jusqu'aux toutes dernières pages une part de mystère quant au devenir de Béatrice, d'Anne ou de Gilles, le petit enfant autiste que tous traitaient jadis comme un arriéré. J'ai été sensible au fait que les révélations soient amenées avec délicatesse et sobriété, sans excès de pathos ni retournements de situation superflus (le revers de la médaille étant qu'il ne se passe finalement pas grand chose d'inattendu).

L'auteur évoque avec pudeur la situation peu enviable de ces adolescents anorexiques, autistes, suicidaires ou obsessionnels, internés dans des établissements pratiquant une médecine psychiatrique souvent archaïque, conduisant à un isolement et un repli sur soi grandissants des patients. Un sujet difficile, pourtant traité avec justesse et sensibilité, par l'entremise de personnages touchants et réalistes (à l'exception de Mathieu, qui m'a semblé moins convaincant que les autres). L'ensemble est pétri de bons sentiments, mais la romancière évite fort heureusement l'écueil de la mièvrerie. Cathy Bonidan parvient à insuffler de la vie dans son récit, lequel repose avant tout sur une intrigue très romanesque, ainsi que sur une belle histoire d'amour, tout en douceur et en subtilité. Il y est aussi beaucoup question de jardinage, ce qui apporte une petite touche personnelle au roman !

J'ignore encore si Le parfum de l'hellébore s'inscrira durablement dans ma mémoire, mais je suis quoi qu'il en soit très satisfaite de ma lecture. J'ai même failli verser une petite larme en découvrant les deux dernières pages... J'aurais bien accusé les hormones, mais cela fait maintenant presque un an que je ne suis plus enceinte ; il me faut donc supposer que cela est dû au seul talent de l'auteur !


Un premier roman prometteur, vivant et plein d'émotion contenue.


mardi 10 janvier 2017

Le problème à trois corps - Liu Cixin























Titre original : San Ti
Traduction (chinois) : Gwennaël Gaffric

Actes Sud, Collection Exofictions, 2006/2016, 432 pages


La première phrase :

L'assaut de l'Union rouge contre le quartier général de la brigade du 28 Avril durait depuis déjà deux jours.


L'histoire :
(Livre impossible à résumer sans spoiler ! Je me contenterai donc du strict minimum.)

Chine, 1967. Ye Wenjie, une jeune astrophysicienne en cours de rééducation, purge sa peine dans un centre de recherches scientifiques coupé du reste du monde.

Chine, 2005. Wang Miao, spécialiste en nanoparticules et photographe amateur, voit apparaître une étrange succession de chiffres sur les photographies qu'il vient de développer. Ne s'agirait-il pas d'un compte à rebours ? Le professeur Wang n'est pas au bout de surprises, et se retrouve impliqué dans une aventure exaltante, dont les enjeux le dépassent. 


L'opinion de Miss Léo :

Encore de la SF sur mon blog !

J'ai annoncé ici-même il y a quelques jours que je m'efforcerais désormais de raccourcir la longueur de mes billets. Cela tombe à pic, car je ne sais pas comment parler de ce roman sans révéler aucun élément-clé de l'intrigue (comme le fait d'ailleurs la quatrième de couverture, qui en dit beaucoup trop : un vrai scandale !). Je vais donc me contenter de vous appâter ou pas en vous expliquant rapidement (?) de quoi il retourne.

Voici un roman que j'ai adoré, mais dont je sais avec certitude qu'il ne plaira pas à tout le monde. Le problème à trois corps appartient au sous-genre de la hard-SF, et pourrait par conséquent rebuter les lecteurs totalement hermétiques aux sciences. Il est ici question d'épistémologie, de physique des particules, de nanomatériaux, de mécanique quantique, d'astrophysique, de radiocommunications, de topologie... Cela ne doit cependant pas vous effrayer, toutes les notions scientifiques étant clairement explicitées par l'auteur, qui se montre très didactique, sans que cela ne devienne pour autant rébarbatif. 

L'intrigue multi-strates en forme de jeu de piste se révèle dense et complexe, et ne livre pas facilement ses secrets. Existe-t-il un lien entre l'histoire de Ye Wenjie et le suicide concomitant de plusieurs grands noms de la physique contemporaine ? Dans quel guêpier Wang Miao s'est-il fourré ? Quel rapport avec les "Trois corps", le jeu de réalité virtuelle immersif que se met à fréquenter assidûment le scientifique ? Liu Cixin prend son temps, construisant ainsi un vrai suspense, qui donne tout son sel au roman. Celui-ci n'est toutefois pas exempt de quelques longueurs. Le rythme est lent, et les éléments de SF pure arrivent assez tard, au risque de lasser les lecteurs les moins motivés. On peut également regretter le fait que les personnages soient aussi superficiels (aucun d'entre eux n'a de réelle épaisseur, et on les oublie vite une fois le livre refermé).

Le texte est traduit du chinois, ce qui donne un style un peu alambiqué, parfois étrange, mais cela ne me choque pas (je suis habituée aux romans asiatiques). Je félicite d'ailleurs Gwennaël Gaffric, qui a réussi à retranscrire sans dire de bêtises les termes et concepts scientifiques utilisés dans le roman, ce qui est assez rare dans les traductions françaises (des erreurs récurrentes qui n'en finissent d'ailleurs pas de m'énerver : un peu de respect pour les sciences, bordel !). Pour l'anecdote, sachez que Le problème à trois corps a été traduit en anglais par Ken Liu, dont je suis justement en train de lire un recueil de nouvelles (tout le monde s'en fout, mais j'avais envie de le dire quand même).

On peut donc difficilement crier au chef d'oeuvre, et pourtant... La magie a parfaitement opéré en ce qui me concerne ! J'ai été captivée d'un bout à l'autre, malgré quelques petites baisses d'attention. Le texte est dense, mais très facile à lire, et fourmille de fascinantes trouvailles. Je ne suis pas prête d'oublier le plaisir jubilatoire ressenti en découvrant le sublime ordinateur humain imaginé par l'auteur, dans ce qui restera pour moi comme l'un des meilleurs moments du roman. De façon plus générale, j'ai été littéralement envoûtée par l'originalité de ce récit inégal, dont se détachent quelques très belles scènes, en particulier lors des séquences se déroulant dans le jeu des "Trois corps". Entre rigueur scientifique et onirisme teinté de mystère, Liu Cixin nous convie à un étonnant voyage vers l'inconnu, qui culmine dans une dernière partie époustouflante. Ajoutez à cela une réflexion pertinente sur les enjeux et les conséquences d'une communication éventuelle avec des exoplanètes, une pointe de politique chinoise sur fond de Révolution Culturelle et de persécutions, sans oublier un soupçon de philosophie sur le mode "Vie et mort d'une civilisation", et vous obtiendrez une oeuvre ambitieuse, qui mérite qu'on lui accorde tout l'attention nécessaire. Ô joie : il s'agit du premier tome d'une trilogie, dont j'ai d'ores et déjà récupéré le deuxième volume en anglais.


Un roman de SF ambitieux et passionnant, en dépit de quelques imperfections. Coup de coeur!